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L'essentiel
- Le PFU s'applique à 12,8 % d'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total (taux en vigueur au 8 octobre 2026).
- Un acompte de 12,8 % est prélevé à la source lors du versement ; une dispense est possible sous conditions de revenu fiscal de référence, à demander au plus tard le 30 novembre de l'année précédant le paiement.
- L'option pour le barème progressif est globale et donne droit à un abattement de 40 % sur le montant brut.
Imposition dividendes SARL : un associé personne physique d’une SARL ou d’une EURL à l’impôt sur les sociétés subit par défaut le prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (taux en vigueur au 8 octobre 2026). Une option globale pour le barème progressif reste possible, lors de votre déclaration de revenus.
Ce guide ne traite pas la décision de distribuer un dividende ni les formalités qui l’entourent : cette étape est détaillée dans nos pages dédiées à l’approbation des comptes et au dépôt des comptes d’une SARL. Il se concentre sur une seule question : une fois le dividende voté, combien l’associé en garde-t-il réellement ?
Imposition dividendes SARL : le principe du PFU à 12,8 %
Le régime par défaut applicable aux dividendes versés par une SARL (ou une EURL ayant opté pour l’impôt sur les sociétés) à un associé personne physique domicilié fiscalement en France est le prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé flat tax.
Il se décompose en deux blocs :
| Prélèvement | Taux | Référence légale |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (PFU) | 12,8 % du montant brut | CGI, art. 200 A, 1, B, 1° |
| CSG | 10,6 % | CSS, art. L136-8, I, 2° |
| CRDS | 0,5 % | Ord. n° 96-50, art. 16 et 19 |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | CGI, art. 235 ter, III |
| Total | 31,4 % | — |
Ces taux sont ceux en vigueur au 8 octobre 2026. Le bloc « prélèvements sociaux » représente à lui seul 18,6 % du montant brut distribué. La hausse de la CSG applicable aux produits de placement s’applique aux dividendes versés depuis le 1ᵉʳ janvier 2026.
💡 Exemple : la SARL Atelier Lenoir, deux associés à parts égales, clôture son exercice au 31 décembre. Après approbation des comptes et décision d’affectation en assemblée, un dividende brut de 10 000 € est versé à l’un des associés, qui n’est pas gérant. Au PFU, ce montant brut supporte 31,4 % de prélèvements, soit 3 140 € (1 280 € d’impôt sur le revenu et 1 860 € de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif, qui peut modifier ce résultat.
Sur le plan fiscal, le régime est le même qu’en SAS ou en SASU ; seul le volet social diffère sensiblement selon la forme sociale et la qualité de l’associé, comme le détaille l’article Dividendes SARL vs SAS : charges sociales après transformation.
Taxation dividendes SARL : l’acompte prélevé au versement
En pratique, l’associé ne choisit pas immédiatement son régime d’imposition définitif. Au moment du versement, la société prélève un acompte non libératoire de 12,8 % du montant brut, qui vient ensuite s’imputer sur l’impôt sur le revenu finalement dû. Si cet acompte excède l’impôt réellement calculé, l’excédent est restitué.
Cet acompte peut être évité, sous conditions :
- revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année inférieur à 50 000 € pour une personne seule, ou à 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune ;
- demande de dispense adressée à la société au plus tard le 30 novembre de l’année précédant le paiement des dividendes.
⚠️ La dispense n’est jamais automatique : elle suppose une demande formelle dans le délai. Une attestation de dispense produite à tort expose à une amende égale à 10 % du prélèvement qui aurait dû être opéré. La demande est faite sous la responsabilité de l’associé, à partir de son propre avis d’imposition.
La dispense ne concerne que cet acompte : elle ne vise pas les prélèvements sociaux.
Fiscalité dividendes SARL : l’option pour le barème progressif
L’associé n’est pas obligé de rester au PFU. Il peut opter, lors de sa déclaration de revenus, pour l’imposition de l’ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est :
- globale : elle s’applique à tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values du foyer entrant dans son champ, pas seulement aux dividendes d’une société ;
- expresse : elle est exercée lors du dépôt de la déclaration de revenus, au plus tard avant la date limite de déclaration.
Au barème, le dividende brut bénéficie d’un abattement de 40 %, et la part de CSG déjà acquittée est déductible à hauteur de 6,8 points l’année de son paiement. Les prélèvements sociaux restent dus au même taux qu’au PFU ; seule la part « impôt sur le revenu » change de mode de calcul.
| Régime | Base imposable (IR) | Taux |
|---|---|---|
| PFU (par défaut) | Montant brut | 12,8 % |
| Barème sur option | Montant brut − 40 % | Barème du foyer |
Cette option peut être plus favorable selon le taux d’imposition du foyer. Le calcul précis dépend de l’ensemble des revenus du foyer et ne peut pas être généralisé ; le simulateur officiel d’impots.gouv.fr ou votre expert-comptable restent les interlocuteurs compétents pour trancher ce choix au cas par cas.
Pour une première estimation du net perçu avant arbitrage, vous pouvez utiliser notre simulateur de dividende net, qui applique les taux en vigueur au 8 octobre 2026 sans transmettre aucune donnée personnelle — seule une statistique anonyme de visite est mesurée.
Imposition dividendes SARL gérant majoritaire : un régime à part
Le régime décrit plus haut vaut pour un associé qui ne travaille pas dans la société (sauf s’il est le conjoint, le partenaire de PACS ou l’enfant mineur non émancipé d’un gérant travailleur indépendant : ses dividendes s’ajoutent alors à ceux du gérant pour la règle des 10 %), ou pour un dirigeant assimilé salarié. La situation change pour le gérant de SARL travailleur indépendant, c’est-à-dire lorsque les gérants détiennent ensemble plus de la moitié du capital (parts du conjoint, du partenaire de PACS et des enfants mineurs non émancipés comprises).
La part des dividendes qui dépasse 10 % du montant formé par le capital social détenu, les primes d’émission et les sommes versées en compte courant d’associé — au nom du gérant et des membres de sa famille (conjoint, partenaire de PACS, enfants mineurs non émancipés) — est soumise aux cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants. Cette fraction sort de l’assiette des prélèvements sociaux de 18,6 %, puisqu’elle supporte déjà la contribution sociale due au titre de l’article L136-3 du code de la sécurité sociale (pas de double prélèvement). L’impôt sur le revenu (12,8 % ou barème) et l’acompte portent, eux, sur tout le dividende brut.
📌 Seule la fraction au-delà du seuil de 10 % est concernée. Le taux exact de cotisations applicable à cette part dépend de votre situation et ne peut pas être généralisé dans un article : il relève d’un calcul individualisé, à faire avec votre expert-comptable ou l’URSSAF.
À l’inverse, le président d’une SAS ou d’une SASU, comme le gérant d’une SARL dont les gérants ne détiennent pas ensemble plus de la moitié du capital (parts familiales comprises), reste hors du champ de ce régime particulier pour ses dividendes, qui supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % ; une cotisation subsidiaire maladie peut en outre, dans certains cas, s’appliquer aux revenus de capitaux mobiliers lorsque les revenus d’activité professionnelle sont inférieurs à un seuil fixé par décret. Cette différence de traitement entre formes sociales est l’un des éléments souvent arbitrés lors d’un changement de structure ; elle est développée dans Transformation SARL en SAS : fiscalité et conséquences.
Imposition dividendes EURL : les mêmes règles, un cas à part
Une EURL dont l’associé unique a opté pour l’impôt sur les sociétés suit exactement les règles décrites ci-dessus : PFU par défaut, acompte, option pour le barème, régime social spécifique si l’associé unique est aussi gérant, pour la part de ses dividendes au-delà de 10 % du montant de référence.
En revanche, une EURL restée à l’impôt sur le revenu — ce qui est le régime par défaut pour un associé unique personne physique qui n’a pas opté pour l’IS — ne distribue pas de dividendes au sens fiscal du terme : le bénéfice est imposé directement au nom de l’associé unique, qu’il soit distribué ou non. Ce cas n’est pas traité dans cet article, qui porte uniquement sur les sociétés à l’impôt sur les sociétés.
Ce que notre simulateur calcule, et ce qu’il ne calcule pas
Le simulateur de dividende net applique les taux validés ci-dessus pour donner une estimation du net perçu par un associé personne physique, domicilié fiscalement en France, affilié à un régime de sécurité sociale français.
Il ne traite pas, en l’état des textes relus :
- l’associé personne morale (régime des sociétés mères) ;
- une société soumise à l’impôt sur le revenu ;
- un associé non domicilié fiscalement en France ou affilié à un régime de sécurité sociale étranger ;
- des titres détenus dans un PEA ;
- les sociétés d’exercice libéral ;
- l’impôt définitif au barème progressif, qui dépend de l’ensemble des revenus du foyer et doit être vérifié sur le simulateur officiel d’impots.gouv.fr ou avec votre expert-comptable.
Pour la fraction des dividendes soumise aux cotisations sociales des indépendants au-delà du seuil de 10 %, seul le principe et la part concernée sont indiqués : aucun taux de cotisation n’est chiffré, cette donnée dépendant de votre situation personnelle.
💡 Besoin d’aide pour organiser l’approbation des comptes et l’affectation du résultat avant de distribuer un dividende ? Consultez nos pages dépôt des comptes d’une SARL et dépôt des comptes d’une EURL, ou nos tarifs pour la formule « On dépose pour vous ».
Ce que la clôture de l’exercice implique avant toute distribution
Hors acompte sur dividende (article L232-12, alinéa 2, qui exige un bilan certifié par un commissaire aux comptes), aucun dividende ne peut être valablement distribué sans que les comptes annuels aient d’abord été approuvés et le résultat affecté. Rappel du cadre, déjà détaillé dans nos autres articles :
- une dotation d’au moins un vingtième du bénéfice de l’exercice, diminué le cas échéant des pertes antérieures, doit être affectée à la réserve légale tant que celle-ci n’atteint pas le dixième du capital social ;
- le bénéfice distribuable correspond au bénéfice de l’exercice, diminué des pertes antérieures et des sommes à porter en réserve en application de la loi ou des statuts, augmenté du report bénéficiaire ;
- la mise en paiement du dividende intervient en principe dans les neuf mois suivant la clôture de l’exercice, sauf prolongation accordée par décision de justice.
Les comptes eux-mêmes restent établis sous votre responsabilité ou celle de votre expert-comptable : notre service ne vérifie ni n’établit de comptabilité, il génère les documents d’approbation et d’affectation à partir de modèles, et accomplit le dépôt pour le compte de la société si vous le souhaitez. Pour organiser ce calendrier avant toute décision de distribution, retrouvez nos repères sur la page dépôt des comptes ou nos outils gratuits.
Si une transformation de la société est envisagée en parallèle d’un arbitrage sur les dividendes, les conséquences fiscales et sociales sont également abordées dans Pourquoi transformer sa SARL en SAS en 2026 ? et, pour le cas inverse, dans EURL en SARL : conséquences fiscales et sociales.
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